L'artiste Isabelle Gagné assise sur un fauteuil dans son atelier, entourée d'étagères remplies de livres et de matériel d'art.

Crédit photo : Véronique Duplain

BIOGRAPHIE

Isabelle Gagné est une artiste multimédia qui explore la mémoire et le territoire à travers différents langages numériques. Son travail a été présenté au Canada et à l’étranger dans plusieurs expositions individuelles et collectives, notamment au Mois de la Photo à Montréal (Momenta), à l’Assemblée nationale du Québec, aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, chez Sporobole dans le cadre d’Espace IM Média, chez Ada X ainsi que dans diverses institutions culturelles québécoises. En 2024, elle est désignée artiste de l’année dans les Laurentides par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Boursière à plusieurs reprises du CALQ, elle a participé à de nombreuses résidences d’artistes, signé des textes pour des publications en art et en photographie, et ses œuvres figurent dans plusieurs collections privées ainsi que dans l’espace public. Active dans le milieu culturel, elle est inscrite au fichier des artistes de la politique d’intégration des arts à l’architecture du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Pionnière de l’art mobile, elle a cofondé le Mouvement d’art mobile et le collectif Bleu Diode. Elle a également coréalisé l’exposition et le catalogue Mobilisations, L’art mobile au Québec, présentés dans plusieurs lieux de diffusion de 2016 à 2018, et a coécrit l’essai Pourquoi l’art mobile publié dans la revue Théorème aux Presses Sorbonne Nouvelle.

Isabelle Gagné vit et travaille à Mirabel, au Québec.


DÉMARCHE

La pratique d’Isabelle Gagné se développe autour des archives, des traces et des transformations du paysage. Elle s’intéresse à ce qui subsiste de la présence humaine dans l’environnement et à la manière dont ces fragments nourrissent la mémoire collective. Les vestiges physiques, numériques ou biologiques deviennent autant d’indices qui éclairent notre rapport au territoire et révèlent la façon dont les récits communs se constituent, se transforment ou s’effacent avec le temps.

Son approche repose sur la collecte, l’observation et l’expérimentation. Elle mobilise des outils issus de la photographie et de la vidéo, mais aussi de la microscopie, des cultures en Pétri et de pratiques associées au vivant. À ces techniques s’ajoutent différents langages numériques comme la réalité augmentée, les bots Internet et certaines applications d’intelligence artificielle. L’artiste travaille ainsi à partir de matériaux situés entre documentation et abstraction, révélant des zones où se superposent traces, indicateurs et transformations.

Le glitch occupe une place importante dans son travail. Il agit comme un marqueur d’instabilité, une forme d’altération qui questionne la fiabilité des systèmes techniques autant que celle des récits qu’ils produisent. À travers ces accidents et distorsions, Isabelle Gagné interroge ce qui se perd, ce qui demeure et ce qui se recompose au fil du temps.

En croisant pratiques scientifiques, langages numériques et réflexion sur l’archive, Isabelle Gagné développe ainsi une œuvre où se rencontrent observation, analyse et fiction. Ses assemblages visuels proposent une relecture du réel, attentive aux écarts, aux défaillances et aux zones de friction entre données et imagination. Son travail met en lumière une mémoire composite, faite à la fois de traces tangibles et de constructions poétiques, inscrivant la notion de territoire dans une temporalité élargie et multidimensionnelle.


Plusieurs projets développent ces axes de recherche, dont Mémoire vivantes, Stratotype Digitalien et CYMX, chacun explorant à sa manière la relation entre territoire, archive et image. Découvrez tous les projets ici


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